Fauteuil du Comte de Fontaine

06-516086

Fiche Technique de l’objet

Domaine disciplinaire de l’objet : Ébénisterie

Type d’objet : Fauteuil

Titre de l’objet : Fauteuil du comte de Fontaine

Artiste, artisan ou fabricant : Inconnu

Dates de naissance et de décès du créateur : Possiblement durant la première moitié du 17ième siècle

Pays d’origine du créateur : France

Matériaux de l’objet : Bois, tissu et fer.

Techniques de fabrication de l’objet : Tenon chevillé, tournage, sculpture, forgerie et tissage.

Dimension de l’objet : Hauteur : 0,94 m Largeur : 0,49 m

Date de fabrication : 17ième siècle

Style de l’objet : Style Louis XVIII

Localisation physique de l’objet : Paris, musée de l’Armée
Description

 

<< On remarquera l’absence du mot fauteuil : vers le milieu du XVIIe siècle, bien qu’il apparaisse parfois avec son sens moderne, il n’est pas encore d’usage courant/…/ Cependant pour plus de simplicité, il nous sera permis d’employer les termes « chaise » et « fauteuil » dans leur sens moderne.>>1

Ce fauteuil de style Louis XIII de presque 1 mètre de hauteur est de forme cubique. La moitié inférieure est composée d’un piètement avant de bois tourné dit en colonnette et portée par des consoles rectilignes placées au droit des pieds.

<< Les montants arrière, ici de section carrée aux angles abattus son simplement équarris.>>2

Quatre attaches de fer sont fixées de chaque côté du siège permettant d’y glisser des brancards pour soulever le fauteuil. Un tissu à motif floral qui recouvre le siège est fixé par une série de clous apparents à têtes rondes. Il est difficile d’imaginer les teintes et textures originales de ce tissu qui est maintenant beige avec des motifs verdâtres nuancés de bleu et de jaune.  Les montants des accoudoirs en forme de console sont gravés de motifs évoquant la feuille d’acanthe. Assemblés par tenons chevillés, les bras prennent subtilement la forme, propre au style Louis XIII, dite en os de mouton. Le dossier se veut un mince aboutissement rectangulaire des montants, recouvert d’un tissu différent du siège. Celui-ci évoque plutôt des motifs végétaux mais semble aussi rugueux et décoloré. Le bois utilisé pourrait être du noyer, qui était populaire à l’époque. Il est lisse et de teinte brunâtre rougeoyante, son lustre est toujours apparent, surement grâce à un entretien de la cire au fil des siècles. Ce fauteuil appartenait au comte de Fontaine, qui atteint d’une crise de goutte à 83 ans, devait donner ses ordres alors qu’il était porté par quatre serviteurs.

Le contexte

C’est durant le printemps que le comte de Fontaine (de Fuentes, en espagnole) rendit l’âme dans son fauteuil lors de la bataille de Rocroi en 1643. Cet œuvre d’ébénisterie simple et rigide est justifié par son usage pratique à des fins militaires. L’Europe est déchiré par la guerre.

<< La guerre de Trente Ans laissa derrière elle un cortège de misères, de deuils et de ruine économique dans tous les pays où elle eut lieu. La population fut décimée, les relations commerciales interrompues, la production se ralentit, les campagnes furent dévastées par les va-et-vient incessant des armées.>>3

Les attaches métalliques furent posées à la structure pour permettre à son occupant d’être déplacé sur le champs de bataille alors qu’il ne pouvait pas monter à cheval. Le piètement tourné et les bras en os de mouton sont des caractéristiques du style Louis XIII qui est marqué par une réaction contre la fantaisie. Néanmoins, il est commun de retrouvé dans le style Louis XIII des pièces tournées en spirale ou en succession de boule ainsi qu’une ligne de forme en os de mouton plus démarqué. D’un autre côté, l’absolutisme gagne tranquillement du terrain en France. L’évêque Jacques Bénigne Bossuet écrira :

<< Ainsi, les princes sont les ministres de Dieu et Ses lieutenants sur terre. C’est par eux qu’Il agit sur Son royaume.>>4

Le cardinal de Richelieu et le cardinal Mazarin auront une grande influence politique successivement ce qui semble expliquer une certaine sévérité puritaine. Il ne faut pas non plus négliger les facteurs de gout personnel. Est-ce par avarice, manque de moyen ou sobriété que les feuilles d’acanthes gravé sur les montants avant des accoudoirs sont si subtils ? De plus, les garnitures de cuir était prisé à cette époque.

<< Ces cuirs venaient en général d’Espagne, de Cordoue, et on les désignait parfois sous le nom de « Guadamaciles » (de Ghadamès au Maroc), mais Heni IV s’est efforcé d’introduire cette industrie en France : Du Rozan, Espagnol, et Grancotte, Italien, ont fondé, en 1604, une manufacture de cuirs dorés et argentés. Il s’en est fait une autre à Lyon.>>5

Pourtant, le sièges de ce fauteuil est recouvert d’un tissu modeste. Les assemblages à tenons chevillés ainsi que les consoles entre les pieds et montant doivent leurs lignes droites et formes rectangulaire aux premiers balbutiements du mercantilisme industriel.

Malgré qu’elle soit l’une des rares survivantes de son époques cette chaise ne témoigne tout de même pas de l’avancement scientifique et culturel de son époque où l’astronomie, l’anatomie, le maniérisme et les clairs obscure se démarquèrent de plusieurs autres formes d’art qui pavait très lentement la voie au rococo.

1-Style Henry IV – Louis XIII, par Pierre Du Colombier
2-Le style Louis XIII, par Stéphane Castelluccio
3-Costumes et coutumes militaires de la guerre de Trente Ans, par Eduard Wagner
4-Civilisation occidentale, continuité et changements, par William Travis Hanes III
5-Style Henry IV – Louis XIII, par Pierre Du Colombier

 

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