Autres temps, autres moeurs

cleansed the evilIl est tentant de regarder le passé avec un regard actuel. Ce faisant, il est possible de manquer le message qu’une oeuvre devait transmettre originellement.

Encore une fois, retournons en arrière dans le temps, en 1539, à Dijon, en France. Il est tout d’abord important de savoir qu’il y avait moin de tabous concernant les discusions en liens avec la défécations. Moins de tabous mais non pas moins de préjugés. La culture populaire de l’époque avait fait des liens étroits entre le résultat final du système digestif et le niveau global de santé d’un individu. À une époque où mythe et science ne faisaient parfois qu’un, d’étranges conclusions pouvaient être tirées de leurs observations. Pour nos ailleux « médievaleux », lorsqu’un gaz intestinal ou la matière fécale avait une odeur particulièrement mauvaise, cela était associé à une arme du Diable, une provocation diablolique.

Dans ce contexte, ce qui nous parait obscène aujourd’hui était en fait une protection contre le Malin. Les sculptures en haut-relief montrées ci-dessus sont oeuvrées sur des poutres faites en 1539, à Dijon, restaurées et vendues au Fogg Museum de Harvard en 1926. Les motifs représentent des fables, les blasons des familles, des scènes estivales et une scène qui retiendra plus notre attention pour sont côté inusité. Deux hommes accroupi à quatre pattes, le postérieur en hauteur pointant vers celui de l’autre. Chacun a un tuyau dans le rectum qui mène à un sac central. Ce sac a une sorte de long boyau que tient une dame un peu plus loin. Cette image ferait beaucoup jaser aujourd’hui, mais voilà ce qu’il en était à cette époque :

«Ma première pensée était que cette image était un exemple de ce qui est appelé une « obscénité purifiante ». La gente dame guide les flatulences et excréments qui semblent être collectés par les tubes. La gente dame contrôle les mauvaises odeurs des fonctions corporelles en les scellants hermétiquement, les empêchants de corrompre l’air où le statut social et le mariage étaient honorés; d’où le terme « obscénité purifiante ».»1

Voilà qui porte à réfléchir sur la perception et la réception des messages de l’art à travers le temps. Comment les divers éléments de notre culture populaire seront perçu dans le futur. Compte tenu de la vitesse à laquelle évoluent les mentalités, est-ce que ce futur est si éloigné? Plusieurs exemples nous prouvent que non. Yvon Deschamps fut longtemps une figure emblématique de la culture populaire québécoise et pourtant aujourd’hui plusieurs de ses monologues ne répondent plus au standard acceptable de la société moderne.

D’un point de vue plus personnel, je ne vois pas l’intérêt de choquer les spectateurs de mes oeuvres. De plus, maintenant, je juge important d’également tenir compte des propos que mes oeuvres transmettront dans le futur. Ainsi, je devrai orienter la recherche, la conception et la crétion autour d’éléments qui inspirent le positivisme.

1-Profane images in the marginals arts of the Middle Ages, Edited by Elaine C. Block with the assistance of Frédéric Billiet, Sylvie Bethmont-Gallerand and Paul Hardwick, Breplos, University of Sheffields, 2003

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