Regard vers les étoiles

78841856fe8ac4f135a59f2c512859a3Regarder les étoiles pour y découvrir l’inconnu, astronomie. Regarder les étoiles pour y découvrir l’avenir, astrologie. Regarder les étoiles pour y découvrir la poésie, Breton et Miro.

«Lorsque dans son article publié dans L’OEIL, Breton s’attache à démontrer que l’Art de Miro réside dans l’enflammement des angles d’intersections et que l’accentuation lumineuse porte et joue « sur les ménisques d’interférence des éléments concrets et abstraits », il nous livre le sens même de sa démarche analogique qui est de faire jouer les mots entre eux. Les mots font l’amour. « cette vie émotionnelle des mots, très loin de n’être que fonction de leur sens, les dispose à se plaire les uns aux autres et à ne rayonner au-delà du sens que groupés selon des affinités secrètes qui leur laissent toutes sortes de nouveaux moyens de se combiner ».»1

Cette union littéraire et picturale communique à sa façon, inspirée de la nature elle-même. Les anciens en regardant le ciel étoilé reliait ces points brillants dans le firmament pour leur faire raconter des histoires passées, présentes et à venir. Ils créèrent les constellations. Comme si la beauté ne pouvait exister sans avoir un message à livrer. Ainsi existent ensemble les notions d’éparpillement réfléchi et de lumière.

«Breton dans sa Préface insiste sur le terme de séries, établissant un parallèle avec « la série aromatique ou cyclique de la chimie » ainsi qu’avec la série mathématique. Avec cette conception d’un « cycle parfait – autant dire hermétiquement clos », Breton introduit et impose une idée d’ordre, exigence mystérieuse qui semblait avoir prise sur le destin. Il est fort délicat de voir ordre et progression dans la série de gouaches. Certes, on pourrait y trouver une évolution picturale, mais cela reste délicat à établir et le sens de celle-ci reste indécidable.»1

Dans un ordre plus personnel, ce chaos organisé me parle énormément. Ce qui me parle encore plus est de constater qu’il communique également avec les autres et chacun y trouve son dialogue personnel. Bien que Breton se soit approprié une version possible du message de l’oeuvre, nous sommes encore tous capables d’y trouver la notre. Comme si l’art était un messager aux flots intarissables. Voila quelque chose que je souhaite ardemment que l’on puisse dire de mes oeuvres.

1 – Iconotextes, sous la direction de Alain Montandon, texte de Danièle Chauvin, Ophrys, Paris, 1990

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